L’éradication du cycle de violences à Rubaya : Les autorités appelées à y placer une société minière responsable

Nul ne peut ignorer que, le site minier de Bibatama dit Rubaya situé dans le territoire de Masisi,  fait l’objet il y a belle lurette, des malentendus à des dégâts incalculables entre la Société Minière de Bisunzu SMB et les creuseurs artisanaux regroupés au sein de la Coopérative des Exploitants Artisanaux Miniers de Masisi, COOPERAMMA d’une part et la Société  SAKIMA ainsi que d’autres autochtones se réclamant propriétaires terriens dans le même site, d’autre part. Ces conflits qui n’ont que trop duré, ne permettent pas le bon déroulement des activités au sein de ce carré minier, pourtant capitales pour la survie et la tranquillité de la population de cette contrée de la province du Nord-Kivu.

La pomme de discorde, apprend-t-on  de nos sources, demeure la Société Minière de Bisunzu qui, par des magouilles avérées s’est tapée une autorisation personnelle de prospection n°004/2000 par arrêté départemental n°059/RCD/DTME/2000 du 05 décembre 2000 ; et un permis de recherches n°002/2001 Bisunzu par l’arrêté n°004/RCD/CAB/DTME/2001 du 12 janvier 2000, ainsi que le permis d’exploitation industrielle n°0011/DTME/01 dit Bisunzu-Bibatama du 11 mai 2001, ne cesse d’y semer les troubles mettant à mal les activités de ce site minier au grand désavantage d’environs 65 000 exploitants artisanaux, par ricochet toute la population de Masisi bénéficiaire première desdites activités depuis 1985.

Par ces magouilles, note-t-on, cette société à travers ses associés, s’est montrée non respectueuse des lois, en commettant non seulement un faux en écriture en  faisant passer Bibatama-Bisunzu en une zone non exploitée pour obtenir à son compte des droits miniers alors qu’en réalité, il s’agissait d’une zone des creuseurs miniers artisanaux du Nord-Kivu ACAMINOKI en sigle devenue plus tard COOPERAMMA qui y exerçaient des activités minières artisanales. Là, on voit entre autre, Monsieur Bayose Senkoko qui était même détenteur d’une attestation tenant lieu de permis d’exploitation artisanale n°DIV. MINES-GEO/354/7.0/024 du 04 février 1998, d’une attestation tenant lieu d’autorisation d’un permis d’exploitation artisanale de la cassitérite et accompagnateurs n°BUR. MINES.GEO.MAS/354/7.9/66/99 du 02 mai 1999. De même, Monsieur Hitimana Bakunzi, avait une attestation tenant lieu de permis d’exploitation artisanale n° DIV. MINES-GEO/354/7.0/334/97 du 27 Août 1997.

Bien plus, la Société Minière de Bisunzu qui a hérité les droits des Etablissements Mwangachuchu Hizi International a commis un faux en écriture en se faisant passer pour les Etablissements Mwangachuchu Hizi International pour obtenir le permis de recherches à la suite d’une autorisation personnelle de prospection qui avait été attribuée il y a peu aux Etablissements Mwangachuchu Hizi International. Et cela, sans aucun respect procédural la permettant d’obtenir lesdits documents en six mois, pendant que ces procédures ont vocation de prendre plusieurs années pour leur bon aboutissement.

Outre cette infraction de faux commise en écriture et son usage, ajoutent nos sources, la SMB, à travers ses associés et son gérant, se rendent coupables de complicité de détournement de la main d’œuvre de l’Etat et d’incitation des militaires à commettre les actes contraires à la discipline ou règlement. Ces infractions, signale-t-on, se cristallisent dans la signature d’un contrat de gardiennage au courant du mois de février de l’année en cours avec la Police Nationale Congolaise (PNC), d’organiser un gardiennage dans les sociétés minières privées. Bien plus, usant de ce contrat de gardiennage qui détermine son lieu d’exécution qui est le numéro 11, avenue du Golf, Quartier Katindo-Gauche et ville de Goma, celle-ci, en complicité avec le commissariat provincial de la PNC du Nord-Kivu, détourne les policiers pour les envoyer à Masisi sur la mine de Bibatama. Par cet acte, poursuivent-elles, ‘’ses dirigeants et associés, incitent les policiers à commettre des actes contraires à la discipline et au règlement qui les régit’’.

A en croire nos recherches, dans le souci de préserver la paix sociale dans ce coin du territoire de Masisi, où les activités minières ont largement contribué à la dissuasion des jeunes à se désolidariser de groupes armés, la COOPEMMA, qui représente bien la principale source de laquelle la SMB tire la grande partie de ses ressources,(sa mère nourricière)devrait obtenir des autorités tant nationales que provinciales leur implication totale, pour mettre fin à ces incohérences qui ne font que retarder le développement de Masisi. Cela, en  cherchant à avoir des contrats avec des sociétés beaucoup plus responsables et respectueuses des lois, que cette dernière qui ne fait que briller dans le non-respect des normes légalement établies pour mieux faire avancer le secteur minier dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

Agissant en ce sens, estiment nos sources, elles auraient positivement répondu à une des préoccupations majeures du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi relative à l’instauration d’un Etat de droit, qui inévitablement fait appel à la lutte acharnée contre des antivaleurs du genre. A titre de rappel, on notera que ces faits qui ont toujours mis la SMB et la COOPERAMMA en contre-courant, ont déjà produit beaucoup d’effets néfastes parmi lesquels, on peut signaler mort d’hommes. Ce qui nécessite impérativement une forte implication des autorités afin d’arrêter ce cercle infernal d’actes répréhensibles découlant de ces brouilles au profit du bien être des paisibles citoyens dont quelques-uns  se trouvent acculés par des menaces de déguerpissement perpétrées par la SMB.

Okito Teme Papy

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