M. Didier Kabongo étale la nécessité de la floraison du café

A travers une descente sur terrain pour un reportage axé sur le commerce transfrontalier au poste frontalier de Kasindi-Rubiriha en territoire de Beni, votre journal a fait d’une pierre deux coups en s’intéressant à l’évolution de la culture caféière qui a, il y a belle lurette, fait du boom dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

Cette occasion, lui a été une opportunité d’or pour s’entretenir avec M. Didier Kabongo, chef de poste de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) ex Office National du Café (ONC), qui a bien voulu éclairé l’opinion sur les activités du café dans cette agglomération agro-pastorale. D’entrée de jeu, il a tenu à faire remarquer que la relance des activités du café est d’utilité extrême dans l’optique de contribuer au gonflement de l’assiette fiscale visant la matérialisation des grands projets de développement arrêtés par le gouvernement de la République Démocratique du Congo pour l’intérêt de son peuple.
C’est le café, a-t-il rappelé, qui fait du Brésil ce qu’il est à part son pétrole, et la Colombie. La Colombie, avec l’encaissement des devises dans son trésor public, à l’instar du cacao pour la Côte-d’Ivoire et le Ghana. Pourquoi pas, s’est-il demandé, capitaliser ces cultures avec des grandes étendues de terre arable dotées d’une fertilité impressionnante que Dieu a donné à notre pays ? Pour une petite histoire, le chef de poste de l’ONAPAC, secteur de Kasindi-Rubiriha, a souligné que, vers les années 80, avec l’ONC, le café faisait entrer plus de devises au pays au même titre que l’or, jusqu’au point où il fut surnommé « or vert ». Cette culture a fait plein succès à Boende dans l’ex province de l’équateur et en province du Nord-Kivu, plus particulièrement dans sa partie nord communément appelée « Grand Nord ». Louant les efforts du ministre national de l’agriculture, son Excellence Georges Kazadi Kabongo dans la relance des activités du café, il a laissé entendre, que l’agriculture demeure de grande importance par ses produits à caractère renouvelable que ceux tirés de l’exploitation minière qui sont épuisables. Malheureusement, a-t-il regretté, qu’elle a été longuement négligée par les gouvernements qui se sont succédé aux commandes de la patrie, alors que son exploitation pourrait bien créer de l’emploi et renflouer la caisse de l’État pour le bénéfice commun des congolais. Il a mis cette occasion à profit, pour exhorter les autorités nouvellement élues, à mettre un accent particulier sur l’agriculture, comme est le cas aux minerais, afin de mettre plus de tonus dans l’élévation de l’économie de la patrie et améliorer le vécu quotidien du peuple.


Du café
Dans ce chapitre, il a soutenu que, ce produit agricole de la RDC, ne perd jamais sa valeur par son goût qui est spécial, et sa qualité qui fait toujours parler de lui dans plusieurs nations de l’univers. C’est plutôt, a-t-il renseigné, les congolais qui ne se sont pas encore rendus compte du degré avec lequel leur café est apprécié en dehors de leurs frontières, qui ne savent pas sa valeur. Cela, avant de renchérir que, le café seul, peut-être à la base du montage de différentes industries parmi lesquelles on peut noter, celles destinées à la fabrication du vin, des chocolats, des médicaments, des produits de beauté et tant d’autres. Des activités, a-t-il révélé, qui peuvent réduire à 40% voire même à 50% le taux de chômage à travers le pays. Une réalité non encore comprise en RDC, mais bien digérée par les pays frontaliers dont les uns en profitent pour s’en taper des grosses ressources financières.
L’ONAPAC, a-t-il poursuivi, ne va pas se limiter sur les techniques de production et le contrôle de la commercialisation du café, mais il aura également à s’impliquer dans toute la chaine, soit de la production à la transformation jusqu’à la distribution, en prévision de pérenniser cette culture et juguler le chômage qui présentement gangrène la jeunesse congolaise.
De La fraude
Cette pratique malsaine, a-t-il déploré, demeure un problème de sécurité qui est national, faisant ainsi appel à La contribution de tout un chacun selon ses capacités en perspective de son éradication. Quand il y a fraude dans le secteur du café, a-t-il dit, ce n’est pas simplement l’ONAPAC qui est préjudicié, mais plutôt le pays entier. Par cette fraude, a-t-il ajouté, les congolais perdent les industries, tous les produits découlant du café, de l’argent pour renflouer la caisse de l’État, et le travail pour occuper les jeunes, d’où la nécessité de l’implication totale de la population pour l’éradiquer s’avère indispensable.
M. Didier Kabongo, a émis le vœu de voir les nouvelles autorités installées, se plonger fortement dans la lutte contre ce mal, en vue d’éviter les fuites des capitaux pouvant servir le pays, vers les États voisins qui certains sont actuellement déclarés premiers producteurs du café en Afrique, alors que les produits proviennent de la RDC.
Les défis
Parlant des défis, il fait mention du manque criant des matériels adéquats pour leur permettre de bien accomplir la mission leur confiée par l’État congolais, celle de rendre effective la relance de la culture caféière au regard de booster l’économie du pays pour son développement. Parmi ces matériels, a-t-il cité, des imperméables et bottes pour faire face à la pluie et la boue, des appareils de communication pour un contact permanent entre eux et entre eux et les partenaires, des motos et véhicules pour les déplacements et un salaire acceptable et régulièrement payé pour la motivation du personnel. Confiant des capacités et expériences des membres de l’actuel comité de gestion de cet établissement public mis sous la direction de son Directeur Général M. Simon N’Siona Malamba, un espoir, croit-il, reste permis sur le plan de la réussite de ce processus de la relance des activités du café. Il pense aussi, qu’avec le changement qui s’observe au niveau des sommités de l’État, un regard soutenu et attentif sera fixé sur l’agriculture pour la faire participer à l’avancement de la patrie.
Comme message, jeune qu’il est, il a trouvé utile d’appeler tous ses pairs jeunes à ne point se sous-estimer car, ils sont capables de quelque chose. Qu’ils n’attendent pas que tout leur soit remis pour commencer, mais par contre, de pouvoir commencer avec ce qu’ils ont et le renfort viendra au fur et à mesure, comme ont fait les chinois pour développer leur pays. La jeunesse, a-t-il conclu, présente le Congo de demain et qu’à ce titre, elle a le devoir de se mettre résolument au travail dans un esprit de créativité et d’initiatives, afin de changer l’élan des prédécesseurs et faire bonnement atterrir le pays sur l’aéroport attendu de tout le monde, le développement durable.

Marie Claire

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